Déc 2016 08

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Les prévisions de Météo France

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La démarche ÉcoWatt repose sur la capacité de RTE à prévoir les situations de risques pour l’alimentation électrique de la Bretagne. Parce qu’un écart de -1°C sur la région est équivalent à la consommation d’une ville d’environ 200 000 habitants, l’un des facteurs essentiel à la réalisation de ces prévisions est l’aspect météorologique. Prendre en compte la température, la nébulosité ou les observations de vent permet à RTE de définir le scénario le plus probable pour l’évolution de la consommation. Pour l’établissement de ces prévisions de consommation, RTE doit intégrer des données météorologiques à différentes échelles de temps : hebdomadaire, J-1, et aussi au cours de la journée. C’est pourquoi RTE dépend en grande partie des rapports probabilistes réalisés par Météo France.

Mais comment ces rapports sont-ils réalisés ? Quelles sont les prévisions pour l’hiver à venir ? La Bretagne présente-t-elle des particularités ? Météo-France Ouest répond ici à ces questions.

Réalisez-vous des prévisions globales pour l’ensemble de l’hiver ? Si oui, après plusieurs hivers modérés voire chauds, identifiez-vous des températures plus froides pour cet hiver ?

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir, à l’échelle d’une région comme l’Europe de l’Ouest. Contrairement aux prévisions à échéance de quelques jours, l’information n’est pas détaillée ni chiffrée, mais présentée sous forme de prévisions qualitatives qui renseignent sur les grandes tendances (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale). Les climatologues analysent les résultats de modèles numériques comparables à ceux utilisés pour réaliser les prévisions à court terme, mais intégrant la modélisation des océans. Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage : faute d’éléments probants susceptibles d’influencer le climat des prochains mois, il est impossible de privilégier une hypothèse. Les performances des prévisions saisonnières sont très variables. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et pour la température, meilleures en hiver qu’en été. La fiabilité de ces prévisions est bien meilleure outre-mer qu’en métropole, en particulier pour les précipitations.

Pour l’hiver (décembre-janvier-février) à venir :

Situation générale :

Les modèles de prévision saisonnière présentent des scénarios assez différents pour le trimestre à venir sur l’Europe. En cause, l’incertitude importante sur la circulation moyenne sur l’Atlantique Nord. Malgré des signaux parfois contradictoires, il est cependant possible d’isoler des points de convergence, particulièrement en Méditerranée. D’une manière générale, le scénario très doux de l’hiver 2015-2016 sur la partie occidentale de l’Europe semble avoir peu de chance de se répéter cet hiver.

Pour les températures :

Sur le bassin méditerranéen, le scénario plus chaud que la normale est le plus probable, d’autant plus sur la partie orientale du bassin.

Plus au nord, et notamment sur la France, l’incertitude est forte. La circulation sur l’Atlantique Nord, quoique très incertaine, oriente en moyenne vers un scénario potentiellement plus chaud que la normale. La circulation la plus probable sur le continent européen pourrait au contraire favoriser des anomalies froides. La confrontation de ces forçages contradictoires amène à légèrement privilégier le scénario « proche de la normale ».

Comment graduez-vous la finesse de vos prévisions météo en fonction du nombre de jours (fiabilité en fonction du nombre de jours couverts ) ?

Jusqu’à présent, les prévisions sont de type déterministe et ne sont pas « évaluées » en amont. Seules les prévisions à moyenne échéance, c’est-à-dire du 4ème jour au 9ème jour, sont accompagnées d’un indice de confiance. Cette valeur correspond à un résultat mathématique obtenu après la réalisation d’une cinquantaine de prévisions pour la dite échéance. En effet, pour les moyennes échéances, les calculs numériques fournissent une cinquantaine de résultats différents et en fonction de leur dispersion, nous accordons un indice de confiance plus ou moins élevé.

La région  Bretagne a-t-elle une spécificité climatique ? Si oui, laquelle ?

La situation à l’extrémité du continent européen confère à l’ouest de la France un climat océanique, de la version la plus typique à des variantes beaucoup plus nuancées.

Les faibles amplitudes diurnes et saisonnières des températures et la grande régularité des pluies y sont dominantes, mais se déclinent en forts contrastes géographiques. Les modestes reliefs de Bretagne sont deux fois plus arrosés que le bassin Rennais.

Les hivers sont plus rudes et les étés plus chauds dans les terres que sur le littoral tempéré par l’influence marine. Les côtes sont plus ventées que l’intérieur, mais bénéficient d’un ensoleillement plus généreux.

Quelle méthodologie employez-vous pour réaliser les prévisions météorologiques ?

La prévision est réalisée à partir une chaîne d’opérations multiples. Cela commence par l’observation du temps réel à l’aide de nombreux outils, de la station automatique de mesure au sol au satellite géostationnaire en passant par les ballons sondes et ce, sur l’ensemble du globe. Ces observations alimentent ensuite des modèles numériques de prévision qui décrivent les évolutions de l’atmosphère. Enfin, un prévisionniste fait la synthèse des cartes et autres données calculées par l’ordinateur afin de rédiger un bulletin adapté au public ciblé (du grand public au monde économique ou la Sécurité Civile).

La « révolution numérique » modifie-t-elle votre façon de travailler et/ou vous permet-elle d’enrichir les prévisions que vous faites ?

Sans ordinateur (Météo-France utilise l’un des plus puissants ordinateurs opérationnels de France) et les calculs numériques associés, la prévision ne pourrait être actuellement réalisée avec la précision qu’on lui connait, précision géographique et chronologique. La prévision numérique est l’outil de base du travail du prévisionniste.

De plus, la prévision météorologique est également liée à la capacité des réseaux de télécommunication à transférer rapidement des gros volumes de données.

Les données météorologiques sont essentielles pour l’établissement des prévisions de consommation réalisées par RTE. Comment collaborez-vous ensemble ? Quels types de données lui fournissez-vous ?

Météo-France Ouest ne fournit pas directement d’informations météorologiques pour RTE au niveau de la Bretagne. En revanche RTE est destinataire de prévisions météorologiques probabilistes établies sur toute la France sur une profondeur mensuelle. Cette prestation est réalisée depuis le site de Toulouse.

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